II.6 Flambage encastré/pivotant avec flexion (impact excentrique)
Figure 5.

Force excentrique
Essais avec baguettes de sapin encastrées/pivotantes.
Les rapports des fragments dune baguette de 1 mètre avec flèche de 10 % à 12 % ont été les suivants :
- La baguette pivote autour dun point à 12 cm de laxe, le flambage est dans la direction du pivot le rapport est de 39,5 % sous une charge de 45 N
- La baguette pivote dans le sens opposé du pivot à 12 cm : rapport 44 %, force 45 N.
- Un cas concret serait une pointe épaisse de 10 mm dont la force agirait à 4 mm du centre. Dans ce cas le rapport de rupture à prévoir est de 43 %
12 % dexcentricité peu correspondre à une pointe pliée par limpact dans le sens de lépaisseur.
Les essais avec des patrons en carton ont donné les résultats suivants :
- charge central, 40 %
- charge excentrée de 12 % avec courbure interne rapport 42,5 %
- charge excentrée de 12 % avec courbure externe. rapport 38,3 %
La différence entre baguette et carton na pas pu être élucidée mais elle nest pas significative. Il est préférable daccepter les résultats du carton où lexpérience a pu être reproduite plus facilement.
Limpact excentrique na pas pu être abordé par la théorie.
Expérimentalement on a trouvé que le flambage peut être dû à des forces en dessous des forces critiques.
Le flambage peut se produire aléatoirement à lextérieur, dans la direction de lexcentricité ou dans le sens opposé à lintérieur.
Le flambage interne soulage la contrainte à lemmanchement : si les sections sont égales, la fracture se produira dans la zone médiane/apicale.
Si le flambage est externe, la contrainte est plus importante à lemmanchement que dans la zone de courbure maximale. Lors de la reconstruction des pointes où seulement la base manque il ne faut pas toujours diagnostiquer une base fendue parce que la fracture même dune base solide peut être due à un impact excentrique avec flambage externe.Les chiffres indiqués correspondent à des sections uniformes. On sait que dans ce cas le rayons de courbure minimal est dans une zone déportée vers le bout de 15 % environ : à la place de 40 % la rupture se produit à 34 %. On retrouve la même valeur lorsque le patron a une section variable en fonction de la pointe réelle. Cette valeur peut varier entre 32,2 % et 35,8 % en fonction de lexcentricité de limpact.
II.7 Flambage encastré/libre :
Dans certains cas on a affaire à un flambage encastré/libre. Ce mode sassimile au cas précédent en considérant le milieu de la courbe pivotant/pivotant comme un encastrement dont laxe est parallèle avec la force mais décalé latéralement.
Nous avons ce phénomène lorsque le bout de la pointe glisse latéralement sur la cible à la suite dune frappe excentrée quand la direction du vol ne coïncide pas avec la direction de laxe du projectile.
Les équations sont identiques à celle du mode pivotant/pivotant mais la longueur efficace est le double de la longueur réelle de la pointe.
En mode encastré/libre la rupture se produit à lemmanchement sauf si la pointe est à égale résistance ce qui correspond à nos essais de baguette à surface triangulaire.
II.8 Flambage pivotant/pivotant :
Figure 6. Fractures multiples (après lendommagement du bout).

Cas des bases fragiles : (bases fendues ou bases rétrécies)
Le flambage médian/apical a fait casser la base et le flambage devient pivotant/pivotant.
Cas des bases solides :
La rupture à la suite du flambage encastré/pivotant dune barre à section uniforme, se produit à 40 % du bout. Le fragment distal reste attaché au fragment proximal par les fibres intérieures et pousse latéralement le fragment proximal jusquà la rupture à lemmanchement, Figures 4 c, d, e.
La sagaie continue davancer et le fragment proximal atteint la cible. Les deux bouts du fragment proximal deviennent pivotants et le flambage pivotant/pivotant sinstalle.
(Voir Figure 1b )
La situation du flambage pivotant du fragment proximal est facile à analyser. Dune part la section du fragment proximal est à peu près uniforme, dautre part la théorie classique permet de connaître les courbures en fonction de forces de frappe différentes :
La rupture en plus se fait toujours au milieu de la pièce à section uniforme.
Équation 4.
Dans cette équation la valeur e représente lexcentricité réelle de limpact, connue ou supposée, donc la formule permet de calculer exactement la forme de la courbure et son amplitude par rapport à la courbure maximale de rupture.
III. Pointes à largeur et épaisseur variables - étude expérimentale
La courbure des barres peut adopter des formes plus variées en fonction des sections lorsquelles sont variables et correspondent ainsi à la forme des pointes de sagaies. La théorie devient alors impuissante et avant de tomber dans le piège de nouvelles théories inventées, jai adopté la méthode expérimentale.
Dabord jai utilisé des baguettes en bois dun mètre pour avoir la flexibilité nécessaire.
Les essais du rapport pivotant/pivotant de forme triangulaire ont donné le résultat dun tiers/deux tiers ainsi que la baguette à section uniforme a eu la courbure maximale effectivement autour de 40 %.
Ces valeurs ont été confirmées par des expériences avec des patrons en carton dont les modèles ont été choisis pour être adaptables aux pièces dIstállósk mais qui ont pu être facilement étendus et appliqués aux pointes de Divje babe°I, de Dzeravá skala et de Potoãka zijalka.
Pour appliquer les modèles il faut convertir les pointes réelles en pointes équivalentes plates, de sorte que les variations dépaisseurs au carré et au cube soient répercutées en largeur équivalentes. En général lépaisseur augmente vers la base, il en résulte que les surface corrigées seront plus larges que celle des pointes. Nous pensons que le plus souvent le modèle large sera le modèle à choisir pour les rapports des fractures.
Modèles de référence longueur 100 à 200 mm (hors emmanchement) encastré/pivotant, cas Euler 3 :
Le case Euler 3 conduit à une rupture apicale de 34,6 % pour une section constante et un rapport entre 30 et 34 % lorsque la pièce est pointue.
lorsque la forme du patron est assez régulière il nest pas nécessaire de procéder à des expériences de flambage et on peut appliquer des règles conventionnelles :

Rapport de fracture en fonction du rapport des largeurs du patron au solmet et à la base : r = A1/A0
À la limite r = 34,6 %, à partir de r = 0,2 pn peut
appliquer une valeur de 34 %. On voit que le plus
souvent le rapport ne change pas en fonction de la forme.
Puisque le rapport limite de 34,6 % est indépendante de
la longueur, pour les patrons de largeur pas trop
excessive le rapport reste 34 % indépendamment de la
pente des bords.
Pour les patrons larges autpur de r = 0,1 on peut
appliquer un rapport de 33 %.
Pour les patrons excessivement larges, r = 0,5, le rapport devient 30 % mais alors il est recommandé de déterminer la valeur exacte par une expérience du flambage du patron.
Ces règles sappliquent aux formes régulières :

Modèles de référence longueur 100 à 200 mm (hors emmanchement) pivotant/pivotant cas Euler 1 :
Le rapport des fragments est voisin de 1 sauf si la largeur du patron varie considérablement :
Règles à retenir :
rapport des largeurs r autour de 0,3 r
apport ders fragments 46,5 %
autour de 0,5 = 48 %
autour de 0,2 = 44 %
Pour les fragments proximaux après
la fracture apicale 48 - 49 %
Forme particulière avec rétrécissement prononcé
de
la partie apicale : 41 %
Les rapports des fragmentations :
Pour créer des schémas de surface équivalente nous devons établir un dessin où la largeur est modifiée en fonction du cube de lépaisseur et un autre où la largeur tient compte des variations du carré de lépaisseur.
Le premier schéma permet de préciser la forme de la courbure donc lendroit de la fracture.
Le deuxième permet dexaminer la résistance des différentes parties de la pointe. Le but est essentiellement lestimation de la fragilité des bases. Lorsque la largeur de la base corrigée est inférieure au double de la largeur maximale de flambage encastré/pivotant on peut annoncer que la fracture au premier flambage encastré/pivotant sest produite à la base au lieu de la zone médiane et la suite du flambage est devenue pivotant/pivotant avec les rapports correspondants. Ce cas est celui des bases fragiles fendues.
Si la pièce est fracturée à lendroit du premier flambage encastré/pivotant on peut en déduire que la base a résisté. La base était soit massive et plus large que la largeur à la fracture apicale, soit massive ou fendue si la base corrigée est deux fois plus large.
La détermination expérimentale du point de courbure maximale avec des sections variables permet aussi de dépasser les imperfections de la théorie qui néglige le dénominateur dans la formule du rayon de courbure et ignore le raccourcissement de laxe x à cause de la courbure.
Ces deux approximations ne sont plus admissibles dans le cas de pièces en bois de cervidés où les déformations peuvent être très importantes.
Les expériences avec excentricités ajoutent à la liste des rapports de rupture des valeurs dont on peut tenir compte lorsque la reconstruction devient plus logique en supposant une frappe excentrique ou une forme initiale de la pointe imparfaitement alignée.
En cas de frappe excentrique la pointe est soumise à une flexion et une compression. Elle peut se courber dans le sens de la flexion et alors la contrainte à lemmanchement devient plus importante ou dans le sens opposé à la flexion ce qui soulage la zone de lemmanchement.
Un impact excentrique modifie légèrement les rapports des Figure 8, 9 et 11. Il est donc fort possible que les fragments qui se prêtent difficilement à la reconstruction avec les rapports choisis ont dû subir un flambage excentrique. Une modification des rapports de ± 2 points, en remplaçant par exemple 35 % par 33 ou 37 %, permet parfois dobtenir des formes plus conformes à lensemble des pointes dun site étudié. Cest la faiblesse de la méthode par flambages, on ne peut pas avoir une certitude absolue sur les formes obtenues de sorte quil faut tenir compte aussi de laspect visuel de la pièce et de choisir une reconstruction parmi les schémas possibles, celle qui ressemble à dautres pointes entières ou reconstruites, présentes dans le site à une profondeur identique.
Très souvent la forme égalisée de la pointe est difficilement assimilable à lun des modèles de ré&férence.
On procède alors au découpage dun patron qui permet de faire des expériences de flambage. Lobservation de lendroit des courbures maximales donne les points de fracture présumés.
IV. COMPLÉMENTS
IV 1. Rupture par flexion pure
Lors dune étude précédente (Horusitzky 2004) jai abordé le problème des résistances par les lances avec poussée oblique.
Dans le cas des lances en effet la force de compression longitudinale est relativement faible.
Dans le domaine des sagaies à long rayon daction la flexion pure peut exister aussi lorsque le projectile senfonce dans la proie et la pointe reste bloquée sans rencontrer un obstacle cest-à-dire un os dur.
Le manche reste rattaché à lanimal et subit des flexions lorsque lanimal se sauve parmi la végétation ou le manche fléchit par la gravitation.
Les pointes au bout de lapex intact et cassées à la base rentrent dans cette catégorie.
Il existe une situation ou le manche est cassé à la suite dune flexion pure :
La pointe rencontre un obstacle mou pénétrable. Elle senfonce profondément et perd de son énergie par le frottement du tissu traversé, jusquà une butée qui larrête. Lénergie résiduelle est alors en dessous de la force critique de la pointe dont le flambage, en plus, est empêché par les tissus environnants.
Lénergie résiduelle est absorbée
- par la vibration et/ou le flambage du manche
- par la flexion oscillante.
La cassure au niveau de lemmanchement peut résulter aussi par la gravitation superposée.
Figure 12.

IV.2 Durée du flambage pivotant/pivotant :
Calculs au cas dun flambage pivotant/pivotant.
Limpact dynamique est un problème ardu qui nest pas traité dans les manuels de résistance des matériaux. Les travaux de Taub permettent davoir une idée sur les fractures lorsque la charge a une durée limitée mais la question dune force progressive nest pas traitée. Nous essayons de contourner cette carence :
Nous savons que le flambage ne se manifeste quau voisinage immédiat de la force critique.
Cette force critique est toujours largement atteinte lors dun tir de sagaie mais la force peut être progressive en fonction de lendommagement du bout de lapex (écrasement, encastrement, cisaillement). Nous saisissons linstant où la force résistant à une pénétration devient égale à la force critique :
à partir de cet instant la force de compression de la pointe reste constante et égale à Fcritique :
Équations 5.
où X = le raccourcissement du trajet de la sagaie du fait de la courbure de la pointe
Vo = vitesse de limpact après le freinage au cours de lendommagement du bout
Vx = vitesse après le flambage de la pointe terminé par la rupture. La vitesse résiduelle est suffisante pour provoquer un deuxième ou troisième flambage.
flèche = courbure maximale avant la rupture, de lordre de 12 % de la longueur L.
M = la masse du manche concentrée au niveau de lemmanchement.
La durée du flambage dépend de la distance de raccourcissement X et de Vmoyenne. Le temps de la formation de la courbure dépend du temps doscillation libre dune barre encastrée/pivotante :
le rapport du temps de parcours de X et le temps dune période doscillation libre est b.
Équation 6.
Le rapport entre la force et la force critique a est supérieur à 1.
On conçoit que si la force critique est nécessaire pour le flambage statique, il faut un supplément de force pour déplacer les masses élémentaires de la pointe. Cette force supplémentaire est prélevée automatiquement sur lénergie cinétique de la sagaie et se calcule par les Équations 7 :
Équation 7.
Les courbes pour b=0,112, b=0,078 et 5 % (7,5 mm) dexcentricité sont représentée par la Figure 11.
12 % de flèche (rupture) est obtenu avec 75% de force supplémentaire lorsque la vitesse est de 10 m/sec.
(le temps est plus court pour produire le flambage).
La rupture est atteinte avec seulement 25 % de force supplémentaire lorsque la vitesse est seulement de
7 m/sec (le temps est plus long pour produire le flambage).
Les énergies mises en jeu :
Supposons que la sagaie est animée dune vitesse de 10 m/sec après l endommagement du bout de lapex.
Équation 8.
Après le flambage de la pointe la vitesse est réduite de 0,43 m/s (4,3 %) donc lénergie reste presque intacte pour le flambage et oscillations du manche.
Si la vitesse après la destruction du bout de lapex reste seulement 7 m/sec, cest-à-dire on augmente la durée du temps de flambage, b = 0,112, la perte de vitesse est de 0,64 m/sec, donc 9 %, mais lénergie disponible reste encore considérable.
IV.3 Le mode de deuxième ordre.
Parfois les ruptures se produisent à des endroits inattendus. On peut penser alors à des impacts fortement excentrés mais aussi aux formes de flambage dordre supérieur.
Un mode supérieur ne peut se produire que si le premier mode est empêché.
On peut envisager une situation semblable lors de lencastrement dans une région de thorax ou les côtes peuvent bloquer le développement du mode fondamental.
Figure 13bis.
Apparition
du mode de
flambage
dordre 2.
# 22/10/06