F.Z. Horusitzky :
Flambage conique
Fracture par flambage et reconstruction des pointes osseuses aurignaciennes
I. Introduction.
II. Première forme calculable : la baguette
II.1 La flèche (courbure) maximale des baguettes
II.2 Correction de courbure
II.3 La correction µ intervient à deux niveaux
II.4 Pseudo-solution de léquation différentielle avec le facteur µ
II.5 Linfluence de la correction µ sur la position du rayon de courbure minimal de la baguette.
III. Deuxième forme calculable : le cône tronqué
III.1 La flèche de rupture des pointes coniques, encastrées/pivotantes :
III.2 Différentes formes de pointes correspondant aux cônes tronqués et aux patrons triangulaires :
III.21 Patron 5/30/140 (pointe fusiforme)
III.22 Patron 5/100/150 (pointe triangulaire)
III.23 Patron 5/90/200 (légèrement fusiforme)
III.3 Conclusion des formes coniques ou assimilées.
IV. Validation de la solution conique par expériences de flambage de carton
IV.1 Rappel des relations fondamentales pour les formes coniques. Correction de courbure.
IV.2 Table prédéterminée de patrons triangulaires
IV.3 Triangle de rapport faible 5/30/150. Validation de la solution du flambage conique.
IV.4 Triangle de rapport important 5/150/150. Correction de leffet de patron
IV.5 Triangle court de rapport important 5/80/70. Précision et erreur dalignement.
V. Exemple de pointe réelle reconstruite par le calcul de forme conique.
VI. Le bout cassé.
VII. Conclusion.
Une simulation par bandes et formes triangulaires de patrons sera examinée.
Les erreurs possibles seront évoquées : erreur de courbure et erreurs due à la simplification des équations de base, erreur de la forme triangulaire plate du patron de simulation seront incluses dans les résultats et apprécier les résultats si on les néglige.
La forme conique aboutit très souvent à des formes de pointes aurignaciennes.
Lorsque les formes sont particulières et la forme des patrons nest plus triangulaire, mes résultats des solutions coniques calculées permettent dapprécier les corrections à apporter lorsque les calculs ne sont plus praticables.
Les exemples de formes coniques calculés et expérimentés permettent de valider à la fois les calculs et les modes opératoires.
Les exemples de reconstructions concrètes y compris les bouts cassés pat flambage vont clore larticle.
I. Introduction
Les pointes osseuses, en particulier les pointes à base fendue, ont une importance considérable au début du Paléolithique Supérieure.
Ces pointes sont le plus souvent fracturées. Il est très important de connaître les conditions des fractures pour avoir une image de la pointe originale.
Les fractures peuvent avoir des causes multiples : à lusage, dans le gisement ou pendant les fouilles (ou même au Musée).
Nous nous limitons au problème de fracture pendant la chasse, ce qui suppose que, par des méthodes adéquates, on a pu préalablement écarter les fragments fracturés sous terre.
Les scénarios de chasse sont multiples, notre scénario type préconisé est le suivant :
- les sagaies frappent un obstacle dur en ligne droite,
- la déformation et la fracture de la pointe est rapide de sorte que la sagaie na pas le temps de simmobiliser et de commencer le flambage propre de la hampe.
- à limpact le bout de la pointe est fracturé sur 15 mm, il en reste une section de 4 à 5 mm de diamètre. La force agit sur cette surface pour provoquer le flambage. La pointe prend alors une forme courbée dont la flèche (= la courbure) est telle que le matériau ne résiste plus : cest la contrainte ultime propre à los ou au bois de cervidés.
Pour étudier les lois des fractures, évidemment, il serait possible de fabriquer une centaine de pointes et les frapper avec une énergie précise et constater les dégâts.
Cette méthode est un peu fatigante et jai développé une méthode de simulation où des bouts de carton judicieusement découpés permettent dobtenir la courbure des pointes de formes diverses.
Le remplacement des pointes par un carton mince doit être validé : le transfert des épaisseurs au cube sur la largeur risque de ne pas être rigoureux. La solution théorique dun problème pareil peut être une tâche séduisante, sans garantie de succès, mais de toute manière très longue et disproportionnée.
Jai développé un modèle standard de forme similaire à une pointe réelle et une méthode de calcul permettant de traiter le flambage des barres autres que la baguette à section uniforme.
Comme principe de base nous considérons que le temps de réponse de la pointe, exprimé par la fréquence doscillation dune baguette encastré/pivotant, est très court par rapport à celle de la hampe. Cette fréquence est calculable dans le cas dune baguette à section constante. Pour une section conique les chiffres sont inconnus mais les ordres de grandeur sont très probablement les mêmes.
Le but des calculs et des simulations est la détermination des zones de rayons de courbure minimal qui correspondent aux zones de fracture.
Létude est divisée en trois parties :
1) La solution à section constante permet dapprécier leffet du raccourcissement de la corde. La baguette à section constante simulée par une bande de carton à largeur constante permet de vérifier linfluence du facteur µ et de chiffrer lerreur en fonction de la flèche à la limite de rupture.
2) La solution de forme conique permet de déterminer les zones de rupture sans faire une simulation par carton. On profite de la détermination des erreurs effectuée au chapitre précédent. Validation de la méthode de simulation surtout quand les rapports entre le moment dinertie du bout et de la base sont importants. Pour chaque rapport des moments dinertie on déterminera la zone de rupture en dressant une table avec les coordonnées de la courbure maximale et avec celles du rayon de courbure minimal.
3) Cas fréquent où la forme de la pointe nest pas conique. La patron de simulation a alors une forme quelconque. Lessai de flambage permet de localiser facilement la courbure maximale. Les calculs sont impossibles. Par rapport à la courbure maximale on définit lendroit du rayon de courbure minimal en sinspirant des résultats du Chapitre 2. Pour les formes très particulières on ne peut pas prévoir le rapprochement du point de fracture vers le bout. Il faut alors tenter la détermination du rayon de courbure graphiquement.
Pour les baguettes à section constante et coniques le calcul est possible. La simulation par carton permet de valider les calculs, qui bien que rigoureux, ont à la base de simplifications justifiées dans les constructions de génie civil mais peuvent ne pas être admissibles pour les flèches ayant des courbures prononcées à la limite de rupture des pointes osseuses.
Mais commençons par la présentation du problème de baguette à section constante.
II. Première forme calculable : la baguette


que lon appellera correction µ .

















