F.Z. Horusitzky

Reconstruction de la pointe moustérienne
Divje babe n°3/10 comme fragment médian


Au début de mes études sur les sagaies j’ai considéré la pièce comme un fragment médian. Il s’est avéré que la reconstruction comme fragment médian aboutit à une longueur considérable qui fera peut-être choisir de préférence la reconstruction comme fragment proximal.

Trois scénarios sont possibles après l’endommagement du bout de l’apex par l’impact ::
Scénario 1 : flambage encastré/pivotant - fracture apicale - flambage encastré/pivotant du fragment proximal/médian - fracture médiane/proximale.
Scénario 2 : flambage encastré/pivotant - fracture apicale - fracture de la base par poussée latérale - flambage pivotant/pivotant - fracture médiane/proximale
Scénario 3 : flambage encastré/pivotant - fracture apicale - fracture médiane par poussée latérale (cas particulier pour cette pièce à cause de l’épaisseur qui diminue vers la base).

Les scénarios 1 et 3 prévoient des longueurs supplémentaires spéculatives. (Le scénario 1 a conduit à une longueur totale de 310 mm).
La reconstruction suivant le scénario 2 aboutit à une longueur en dessous de 300 mm et la fracture à la base est très probable du fait que la largeur égalisée à la demi-longueur de la partie proximale plus médiane est, malgré le rétrécissement, supérieure à la demi-largeur à l’emmanchement.

La longueur médiane est connue (= longueur conservée). Déterminons la longueur proximale pour le scénario 2. Il est facile à prévoir un rapport 50/50 ce que l’essai du patron découpé confirme parfaitement.

Longueur apicale :
La détermination de la longueur apicale perdue est plus problématique du fait de la forme insolite du milieu de la pièce due au rétrécissement de l’épaisseur.
On procède par découpes progressives du patron jusqu’à aboutir à une longueur et forme produisant la courbure maximale qui correspond à la fracture apicale de la pointe pour une longueur proximale égale à la longueur médiane conservée.
On peut observer que les deux reconstructions, comme fragment proximal et comme fragment médian, ont abouti à la même longueur du fragment apical perdu, ce qui peut être une coïncidence ou une conséquence logique. En revanche l’hypothèse sur l’amincissement progressif de l’apex est différent dans les deux cas.

On peut hésiter entre les solutions apicale ou terminale, entre 190 cm et 293 cm de longueur totale. La reconstruction par les considérations de flambage n’est pas une méthode infaillible : il manquera toujours l’appréciation du préhistorien pour lever les incertitudes inévitables.



ÉCHELLE 1/2


Figure 1. Reconstruction comme fragment médian.
À gauche : variation réelle et supposée
de l’épaisseur :










Reconstruction avec l’hypothèse de cassure à l’emmanchement lors du flambage encastré/pivotant


Reconstruction de la pointe D.b. n°3 avec l’hypothèse d’un profil s’élargissant vers la base.
Profil assez particulier de la pointe qui donne les courbes d’égalisation bombées.
Longueur totale : 292 mm.


D.b. 3 Reconstruction proximale, version courte
Après une série d’essais avec un apex de 40 mm nous avons trouvé que la courbure maximale s’est trouvée trop proche de la zone de rupture de 70 mm signalé par le repère sur les patrons.
La longueur 35 mm s’est avérée la bonne est après des ajustement de la largeur du patron nous avons retrouvé la coïncidence entre le repère de la fracture et la zone de courbure maximale à 6 mm de la fracture.





Figure 2. Reconstruction de la pièce D.b. n°3 comme fragment proximal court.

ÉCHELLE 1






Pour la reconstruction de la pointe D.b.n°3 comme fragment proximal deux scénarios sont envisageables :
Scénario 1 avec fracture proximale/apicale :
flambage encastré/pivotant - fracture apicale - fracture à la base
Scénario 2 avec fracture proximale/terminale :
flambage encastré/pivotant - fracture de la base - flambage pivotant/pivotant et fracture terminale.

La reconstruction avec fracture proximale/apicale est à la limite du possible : la fracture apicale suppose que la base n’est pas fracturée par priorité. Or la fragilité de la base, même supposée massive, est manifeste compte tenu des la diminution de l’épaisseur vers la base.

Pour le scénario n°2, publié dans l’article d’Arheoloski vestnik 2007 nous avons admis que
le produit ab
2 au niveau de la flèche maximale pendant le flambage encastré/pivotant est supérieure à celle de la base donc la contrainte à la base sera plus importante et notre scénario 2 préconisé se justifie, la base se fracture avant la fracture apicale putative et le flambage devient pivotant/pivotant. Néanmoins le calcul peut contenir des incertitudes à cause de la forme inhabituelle du fragment, mais le scénario n°2 est plus probable d'après notre calcul élémentaire :




Le scénario n°1

Pour la solution proximale longue la différence des contraintes est très peu prononcée d’où notre étude de la version courte.
.
Pour la solution courte le flambage est très proche de celui d’une barra à section constante.
Le coefficient devient 1,02 et le point de rupture est à 6 mm par rapport à la courbure maximale.
Avec les nouvelles valeurs nous sommes toujours à la limite de la possibilité du scénario n°1.





Figure 3. Détermination des zones de courbure et de fracture.





Les essais de flambage ont permis de localiser le maximum de courbure à environ 6 mm par rapport au repère du patron qui correspond à la fracture à 70 mm.
Le rapport des fragment sont ainsi autour de 41/74 : 39 %.
En prenant 39 % nous sommes dans le cas d’un patron à très faible pente autour de 5/7/100 où l’emplacement du rayon de courbure minimal est à 5 mm par rapport à la courbure maximale.
Une différence d’un millimètre est min ime et l’approximation de la forme et de la longueur de l’apex disparu est très bonne .
Évidemment deux imprécisions interviennent : la détermination de la courbure maximale qui vient en partie du manque d’homogénéité du carton, d’autre part la tentative de résoudre le problème d’une forme très peu régulière par une analogie de patron triangulaire.

Une autre méthode serait la détermination graphique du rayon de courbure minimal. Pour tenter cette opération j’ai multiplié par trois la largeur de l’image. La rotation du cercle avec les deux rayons permet de situer à peu près le point de fracture toujours à 6 mm par rapport à la courbure maximale.